jeudi 26 mai 2016

26/05/2016 - La CGT et l'Huma ...

La mauvaise foi, ma foi, disait la marchande de foie de la ville de Foix, la mauvaise foi ne me fait pas peur. J’ai l’impression de ne pas être le seul dans ce pays. Moi, le fait que la CGT ait empêché la parution de tous les journaux sauf l’huma, ce matin, ça me fait sourire. Le genre : Na ! … Et ce qui me fait encore plus rire, ce sont les protestations outragées des professionnels de la profession qui, eux, bien entendu, n’obéissent jamais aux injonctions de leurs patrons. Comme, par exemple, ceux du Figaro, qui oublient de nous parler des ennuis de Dassault. Un hasard. Et personne, jamais, dans aucun journal français, n’a obtempéré aux « conseils » d’un ministre ou d’un président. Jamais ! … Moi, je me tiens les côtes. Je suis un « bad boy », hein ? ...

mercredi 25 mai 2016

Cannes 2016


C’est amusant, ce qui s’est passé à Cannes, non ? ... Le film couronné n’a satisfait personne, il semble. C’est un mauvais film, il paraît, déjà vu, ordinaire, et, surtout, terriblement peuple … Personne n’a osé dire « vulgaire » mais on l’a entendu …. Pas vulgaire au sens « gros mots », non, au sens « de basse extraction », genre marchande de poisson, tout juste bon pour le populo … Pas à la hauteur de ces messieurs et dames des médias qui préféraient Verhoeven et la Huppert, Dolan ou Almodovar et leur môman, les films larmoyants de la société de l’émotion. C’est amusant, dans le contexte. Vous savez, le haro sur la CGT, la morgue des dirigeants, Hollande, Valls, El Khomeri, qui ont tous fait des études longues comme ça et qui parlent, entre eux, des « sans dents » ... Ken Loach, lui, les « sans dents », c’est son sujet. On pourrait lui reprocher d’être allé le dire dans la soie et le luxe de Cannes. On pourrait. Mais, en l’espèce, les plus arrogants, ce sont tous les bourgeois en tenue de soirée, les critiques bien comme il faut, tous ces gens qui ont oublié le caractère subversif de la culture et le temps où Godard arrêtait le festival au nom de la solidarité avec les « ouvriers ». C’était en 1968. Amusant, non ?

lundi 23 mai 2016

Ultra-gauche, mon cul ! ...


Au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, tout, en France, est de la faute de la CGT. Plus globalement de "l'utra-gauche" ... Reste donc à définir où commence l'ultra-gauche. A droite, depuis très longtemps, on parle "des" populismes. Sous-entendu autant de gauche que de droite. Sarkozy veut carrément éliminer le souvenir de 68. Je vais vous informer d'un truc : j'ai fait partie de l'ultra-gauche. Autrefois. Avant et après 68. Et, je vais vous dire, si, en ce moment, en France, il existait une "ultra-gauche", je serais au courant. A l’horizon, je ne vois que de braves jeunes gens qui ont fait de bonnes études, science Po en général, et qui résonnent sur l’économie capitaliste. Qui, pour ce faire, ont cru nécessaire de l’étudier. L’ultra-gauche, camarades, c’est beaucoup plus simple : à mort ! … La tête des patrons au bout d’une pique. Si on peut les pendre avec leurs tripes, c’est encore mieux. Étudier l’économie ? Wouarffff ! … C’est comme un  prisonnier qui apprendrait les manies de son tortionnaire pour satisfaire au mieux ses besoins afin de ne pas trop souffrir de sa brutalité Servitude volontaire aurait dit Mr De La Boétie. Gattaz ? Pire que les nazis ! … Ça, c’est l’ultra-gauche. Vous voyez de l’ultra-gauche dans le paysage, vous ? Coupat ? Pfff ! … Vous avez lu le curriculum du garçon ? Vous avez lu « l’insurrection qui vient » ? Pfff ! … Un agneau ! … Si ce type est capable de tuer, moi, je suis un ange. Faut changer de lectures, camarades. Bakounine, par exemple. Staline, Dostoïevsky et son « Raskolnikov », la totale … Si vous aimez les images, lisez Bilal, les phalanges de l’ordre noir. Une BD où vous verrez ce qu’est l’extrême droite, avant tout, et la réponse que la gauche est contrainte d’y opposer. On se réveille, camarades. Si la CGT est, en France, le représentant de l’ultra-gauche, moi, je suis un Robespierre qui aurait lu Nietzsche. Un très très grave ! … Il n’y a pas d’ultra-gauche en France. Plus. Mais, le principal, en vérité, c’est que le flou sur la limite entre gauche et droite, introduit par Mitterrand entre 1972 et 1981, est passée entièrement dans l’opinion. Plus à gauche que le PS, c’est « ultra-gauche ».... Et, évidemment, depuis 1920, date de création de la CGT et du PC, La gauche de gouvernement ne cesse de nous faire accroire que tout ce qui pense à sa gauche est « ultra-gauche ». Ce dont la droite se délecte. Elle n’en espérait pas tant. Le paysage politique, depuis, 1981, a lentement dérivé, comme une image qui, pour être vue dans son ensemble, aurait choisi de tourner le projecteur vers la droite, oubliant la partie gauche parce qu’elle est jugée « non indispensable » et faisant oublier, peu à peu, au fur et à mesure de sa lente rotation, ce qui n’est plus perçu de sa gauche. Je ne vous raconte pas de l’exposition de l’ultra-gauche sur cet écran. Ainsi envisagé, la qualification indigne d’ultra-gauche paraît crédible, tout simplement parce que plus personne, ou presque, ne sait plus de quoi il est question. Dans ce contexte, l’assimilation entre CGT et FN devient crédible. Et toi, camarade, tu le crois. Tu es comme le scorpion, mon frère, écrivait Nâzim Hikmet et chantait Montand ….

mercredi 18 mai 2016

Monsanto


En théorie, je ne devrais étonner personne en rappelant que je suis pêcheur à la mouche. Pêcher à la mouche, c’est avant tout revêtir des « pantalons de pêche » qui permettent de marcher dans les rivières jusqu’à une profondeur d’environ un mètre vingt. Ce jour-là, dans les Pyrénées, la rivière faisait plus d’un mètre vingt et la berge était barrée par un barbelé, ce qui m’interdisait de remonter plus avant la rivière. Sans mon fichu pantalon en caoutchouc, j’y serais parvenu en me glissant en-dessous mais, là, rien à faire. Je suis donc remonté jusqu’à la route proche et ai remonté sur icelle ce que je ne pouvais parcourir dans l’eau. Après une vingtaine de mètres, je suis tombé sur un paysan qui bricolait autour d’une masure en pierre et ancestrale. Son tracteur, dont le moteur tournait, était garé là et, de la remorque, un truc qu’on appelle une « tonne », une citerne de mille litres, giclait un jet blanchâtre qui se répandait sur le sol cependant qu’il versait dedans, à l’aide d’un tuyau branché sur une pompe reliée à son moteur de tracteur, l’eau qu’il puisait dans la rivière toute proche. Le brave homme portait un masque. L’eau qui coulait de sa remorque faisait, en arrivant sur le sol, un tapis de mousse assez peu ragoûtant. Manifestement, il vidangeait. Mais quoi ? Je le lui ai demandé. C’était culotté. Il s’est approché. Ses bras, ses jambes, recouvertes, elles, d’un pantalon, ses épaules, son crâne, étaient pleins de cette mousse jaunâtre assez inquiétante. Je lui ai demandé. C’était du désherbant. J’ai vu les sacs éventrés, ceux qui avaient contenu le produit sous forme de poudre. Dessus, c’était écrit « Monsanto ». Il en était couvert. J’aurais pu lui demander s’il était conscient de ce qu’il était en train de faire. Lui parler de sa santé, de la rivière, dans laquelle son produit s’en allait doucement, des truites, j’aurais pu. Mais, le voyant, couvert du produit mortel, en mousse, liquide, en poudre, j’ai pensé que ce n’était pas la peine d’en rajouter. La première victime, ça allait forcément être lui. Les seules questions qui restaient en moi étaient simplement : comment ce type est-il fait, qu’est-ce qu’on lui a raconté, quelles fables, dans quels problèmes s’est-il fourré pour en arriver là ? Je n’avais même pas envie de lui parler de ma rivière ou des truites. J’espère sincèrement que cet homme est, aujourd’hui encore, en bonne santé. Même si je suis sûr que non. J’ai remonté un peu, suis redescendu dans la rivière, ai pu observer, de plus haut, la mousse abondante qu’il y versait et suis reparti à la pêche. Aujourd’hui, quelques années plus tard, j’ai acquis la conviction que Mr Monsanto savait, à cette époque, que cet homme était tout simplement en train de tuer. Lui-même autant que la nature dont il se nourrissait.

lundi 16 mai 2016

Le sabre, le fric et le goupillon.


J’ai oublié quel économiste a établi le concept de « volant nécessaire de chômage » dans ses théories du capitalisme. Dans ma mémoire, je me souviens que cette phrase pourrait être attribuée à Keynes. Si quelqu’un a la réponse, elle est la bienvenue. Ceci dit, je n’en ai absolument rien à foutre, évidemment. Sur ce genre de poncif, l’auteur n’a aucune importance. Tout simplement parce que c’est un concept évident et qu’importe peu de qui il provient. Le principal, c’est qu’il recoupe beaucoup d’autres idées forces qui président au capitalisme, idée reprise, par exemple, par Paul Lafargue, dans son « Droit à la paresse », livre dans lequel il reprend cette idée que le « peuple » fait lui-même son malheur en prenant son rang dans la queue des « demandeurs d’emploi » aux portes des usines, l’emploi étant, à l’époque, distribué directement par le patronat aux portes mêmes des usines. Tous les malheurs de notre époque actuelle découlent de ce comportement. Le capitalisme, et sans faire appel à quelque complotisme que ce soit, se montre toujours habile à assurer sa pérennité. En accroissant, souvent de manière artificielle, le taux de chômage dans les pays occidentaux tout en ne jurant que par le « plein emploi », le capital a su créer une totale insécurité des classes laborieuses. Aujourd’hui, rien n’est plus important que « d’avoir un emploi » et, le plus souvent, sans discernement sur l’utilité sociale de cet emploi ni sur les conditions de sa rémunération. Le critère numéro un du bonheur est simplement d’avoir un emploi. Comment sortir de cette mauvaise passe ? En cessant de faire la queue devant les usines, aurait dit Lafargue. De nos jours, le paradoxe patent entre l’enrichissement outrancier des riches et l’appauvrissement des pauvres, qui prouve de manière évidente que notre problème est un problème de redistribution, il semble que la solution aux problèmes de nos sociétés de plus en plus injustes serait de reprendre l’argent des riches et de le redistribuer aux pauvres, qu’ils aient ou non un emploi. Mais, dans nos pays encore très mystiques, où, de plus, la religion reprend de plus en plus de poids, ne pas gagner son pain à la sueur de son front reste frappé d’indignité. Un Humain sans emploi n’est un humain complet. Où l’on comprend la fonction politique des religions. C’est cela qu’il faut changer en premier. Un être humain est un être humain, qu’il travaille ou non, qu’il doive ou non son argent à son travail. Les riches, eux, qui s’enrichissent en dormant, n’ont pas ces complexes. Les solutions existent, qui nous sortiraient tous de la misère, salaire universel, par exemple, et toutes ces solutions supposent une chose aujourd’hui impossible : que les riches renoncent à une part de leur richesse. Comme dirait Audiard : touche pas au grisbi, salope ! …

Valls


J’ai cherché Valls sur Wikipédia. J’ai trouvé ça :



Il est le fils de Xavier Valls, artiste peintre catalan (1923-2006), et de Luisangela Galfetti, originaire du Tessin en Suisse, sœur de l'architecte Aurelio Galfetti. Son grand-père paternel Magí Valls, fonde la banque Pons i Valls. Collaborateur du journal catalan et catholique El Matí (1929-1936), il cache des prêtres persécutés par les trotskistes durant la guerre civile. Un cousin de son père, Manuel Valls i Gorina, a composé l'hymne du FC Barcelone, dont il est un fervent supporter.
Au moment de la naissance de Manuel Valls, ses parents sont déjà installés en France ; il naît à Barcelone car ses parents souhaitaient que leur fils vît le jour en Espagne.



C’est assez rigolo, je trouve, comme cet article, dont la véracité peut être mise en cause mais pas dans le sens où l’on pourrait le penser (s’il est faux, c’est dans un sens flatteur car la page wikipédia fait, pour les hommes politiques, partie de la « com » ), et qu’il dissout assez efficacement le « story telling » ambiant sur le personnage. Pas vraiment né en Espagne, donc, manifestement « grand bourgeois » et plutôt proche de De Villiers ( qui a sauvé des prêtres pendant la Révolution, comme vous savez), que de Picasso ou Machado. Pas Républicain espagnol pour un sou, en résumé. Mais, le plus étonnant, je trouve, c’est qu’il n’est pas du tout l’un des « réfugiés » que la France aurait accueillis en 1936. Valls n’est qu’un citoyen français très ordinaire né à Barcelone par la volonté de ses parents puis rentré immédiatement chez lui. On comprend mieux son attitude face aux réfugiés actuels.

Nous sommes des nains







Nous sommes des nains …. Quand le temps aura passé, ce temps qui désigne les héros, les personnes irremplaçables, il ne s’en trouvera aucun pour représenter notre époque. Parce que nous sommes des nains. Notre époque sera celle où, chaque fois qu’un esprit aura soulevé un coin du voile, il se sera trouvé une majorité de crétins pour contester l’importance de ce geste. On appelle ça la démocratie. Un homme, une voix. Quels que soient cet homme et cette voix. Que faire, alors ? Soulever, soulever et soulever encore tous les coins de voile.... et merde à celui qui lira ! ….