Je n’ai absolument rien de
consensuel. Pire, j ‘aime le débat, le conflit, les clivages,
les opinions tranchées, les engueulades et les ruptures. Pire
encore, je n’aime pas mes contemporains. En tous cas pas tous, loin
s’en faut. Et, pire du pire, je suis intolérant sur des sujets
choisis. Le nazisme et ses symboles, la religion et ses signes, la
tyrannie, la médiocrité, et, justement, le consensus. N’allez pas
croire pour autant que je suis capable de vous faire du mal, vous
tuer ou vous torturer. Pour moi, il y a un monde entre dire ce que je
pense et agir selon ce que je pense. Vous pouvez bien faire ce que
vous voulez de votre corps et de votre esprit. Je m’en contrefous.
Par contre, je ne me prive pas de vous dire que c’est une sottise,
une crétinerie ou une connerie. Que vous êtes cons, quoi, tout
simplement. Et n’allez surtout pas croire que je manque de ce que
vous appelez, sans en rien savoir, l’empathie. J’ai une opinion
très personnelle et très documentée de ce qu’est, en réalité,
l’empathie. Je suis doté d’une catastrophique empathie. De
celles qui permettent de terminer à peu près toutes les phrases à
la place de mes interlocuteurs. Et, sur l’empathie, j’ai déjà
fait part de mes idées ici :
http://pascalpratzphilo.blogspot.fr/2011/06/empathie.html.
Vous comprendrez, dans ces conditions, que les temps présents, faits
de meurtres et de douleur, à quoi certains répondent par des
dégoulinades de guimauve poisseuses et glauques selon lesquelles
nous nous aimerions tous, penserions tous la même chose et serions
en communion, sont, pour moi, d’une part, une vaste rigolade et,
d’autre part, une superbe démonstration de connerie mièvre et de
stupidité généralisées.
Dans le même registre, je ne considère
pas l’expression « mémoire collective » comme une
chose crédible. L’un des mots les plus utilisés en ces temps de
dupes est un mot religieux, œcuménique, qui, de fait, me fout dans
une rage folle, parce qu’il accrédite le recours à la religion et
le réflexe du « tous à la messe » qu’on voit partout
se généraliser. Un démocrate républicain digne de ce nom ne
devrait jamais mettre les pieds dans une église, un temple, une
synagogue ou une mosquée avec l’idée d’y représenter l’état.
Dans le même genre, je ne supporte pas de voir, après les
attentats, s’ériger des autels de plein air avec bougies, fleurs,
pensées affligeantes de simplisme déposées sur des papiers, sortes
de paganisme puéril sans réel dieu autre que le bon sentiment.
Lorsque je vois ces rites grotesques, je constate une évidence : le
crime a encore de beaux jours devant lui. Je n’aime aucun
consensus.
dimanche 17 juillet 2016
mercredi 6 juillet 2016
Rocard
Rocard. Belle unanimité bêlante …
Micheeeeeel ! … Moi, l’unanimité, je lui trouve toujours un air
suspect … Présentement, je trouve même qu’elle vire à la
propagande. Pour les dirigeants actuels, évidemment, chacun
s’empressant de rappeler sa filiation avec le grand homme, mais
également pour la « loi travail » qui, comme vous savez,
est une loi typiquement rocardienne, particulièrement son article 2,
nous disent-ils, allant jusqu’à affirmer que les accords
d’entreprise seraient une sorte d’autogestion. Oubliant au
passage qu’autogestion signifie absence de patron. Ce qui en fait
une comparaison paradoxale. Aucun employé n’est libre de ses choix
lorsque son entreprise est dirigée par un patron. Ce rapport
inégalitaire impose la soumission. Parler d’autogestion est
parfaitement ridicule dans ce contexte. Mais la mort du héros tombe
à pic. Et peu importe si l’on se permet de faire parler un mort,
au passage. Il est très étrange de réécouter les déclarations de
Rocard à l’assemblée, lorsqu’il était premier ministre et que
sa loi sur la CSG était refusée par une partie de la gauche. Trois
mots : conservatisme, immobilisme, passéisme. Les mêmes,
exactement, que Valls aujourd’hui. Pas de hasard. Notre petit
torero se dit héritier du grand homme. Et je pense que c’est
totalement vrai. Pour moi, Rocard est et restera l’homme de
Charléty. Le 27 mai 1968, en plein mouvement plus ou moins
révolutionnaire, Rocard organise un rassemblement anti-marxiste.
Car, cet homme se définit exclusivement par deux qualificatifs :
chrétien et anti-marxiste, au sens large, anti tout ce qui est de
près ou de loin relié au communisme. Inutile, je pense, de revenir
sur la guerre qui oppose, depuis le 19° siècle marxisme et
religion, les deux pensées étant considérées comme deux dogmes
incompatibles. Chrétien et anti-marxiste sont deux mots qui
qualifient aussi parfaitement Mr Valls. d’où les charges
incessantes et quasi diffamatoires sur la CGT et la tentative de
marginalisation de tout ce qui se trouve sur la gauche du PS. Ainsi,
l’œuvre de Mitterrand, qui était d’effacer le parti communiste
du paysage en signant une alliance, contre l’avis de Rocard qui ne
voulait pas en entendre parler, est aujourd’hui reprise par Valls
qui tente le coup de grâce. Je ne lui souhaite pas de réussir. La
mort de Rocard tombe au bon moment dans ce plan d’ensemble. Pour ce
qui me concerne, j’aurais préféré que ses idées meurent avec
lui.
vendredi 10 juin 2016
La trahison des clercs ... Benda
A la parution de ce livre, en 1927 puis, dans une version augmentée, en 1946, Benda se proposait de dénoncer l’absolu manque de probité ( au sens nietzschéen) des intellectuels qu’il accusait de trahir en choisissant le dogme contre la réalité. Si la cible principale semble avoir été la dénonciation des intellectuels « engagés » pour la plupart communistes, sa portée était bien supérieure à cette réduction, elle-même trahison puisque favorisant le dogme (de droite) contre le réel. Aujourd’hui, particulièrement ce jour, je pense à « la trahison des clercs » … Et pourquoi donc, me direz-vous ?...
A cause du foot, évidemment. Car, pour
nous vendre cette nouvelle forme des jeux du cirque, l’empereur a
recruté. Les marchands du temple, évidemment, mais également
quelques jolies têtes accrochées maintenant à son tableau de
chasse. Des écrivains, des animateurs d’émissions culturelles,
parfois fort célèbres, des comédiens, des philosophes, des
metteurs en scène, des chorégraphes et, sans surprise, des
politiciens (dont on sait qu’ils sont toujours prêts à se vendre
au plus offrant) qui, tous, nous vantent à longueur d’antenne, de
chaînes et de lignes dans la presse, la valeur universelle du
football... J’en ai le cul troué. Car il n’y a aucun doute :
c’est la forme actuelle de « la trahison des clercs ».
L’ « opium du peuple », aujourd’hui, c’est le
foot. J’ai déjà écrit quelque part que notre société dite
moderne était parvenue à passe de l’antique « Du pain et
des jeux » au terrible « Des jeux et des jeux ». On
y est. Mon problème, quasi existentiel, est simple : où est le
refuge ? Où est cet endroit du monde où l’on n’en parle pas ?
Sous les bombes, dans la jungle ? Vous rigolez .. Même l’état
islamique a un avis sur le foot. Je craque, ce matin, parce que le
refuge que j’avais cru trouver, France Culture, se vautre avec
délice dans la trahison sous couvert de nous parler de foot sous un
angle intellectuel. Me reste une seule question : quelle gueule
aurait aujourd’hui ce monde, à supposer qu’il en aurait une, si
les hommes préhistoriques, dont je ne doute pas qu’ils devaient
jouer à une forme primitive du foot, n’avaient pensé qu’au
foot ? Nous voici, d’un coup, au milieu de l’univers en fusion de
ses débuts avec une question : c‘est quoi le match de ce soir
? Le fait que « tout le monde » aime le foot devient
dérisoire. Et alors ? Tout le monde aime le soleil. On va dessus
pour autant ? Tout le monde aime chier. Le monde est-il couvert de
merde ? Je crains d’avoir encore mis le doigt dessus. C’est bien
de trahison des clercs qu’il s’agit. Aucun doute. Ce que n’a
pas vu le « peuple », c’est que le changement de
paradigme (un gros mot, hein ? …) ne change rien au fond du
problème. Le pouvoir se protège par tous les chemins que lui offre
la passion des « esclaves ». Ce monde est régi par une
seule phrase, qu’on attribue à Louis XV (mais qui s’apparente au
« je m’en lave les mains » de Ponce-Pilate) : « après
moi, le déluge ». On y va tout droit. Dans la joie des
matches de foot qui arrivent à partir de ce soir. Ce qui me
rappelle, du coup, un certain Folamour.
La seule attitude possible en face de
ce déferlement de « foot », le seul, c’est « aux
chiottes le foot », serait-on contre tout le monde. On
appellerait ça « l’honneur des intellectuels » … Une
formule que BHL et ses amis se sont évertués, depuis des décennies,
à discréditer. Ce qui mérite bien quelques entartements. Et s’il
n’en reste qu’un ….
jeudi 9 juin 2016
Les soixante-huitards, il vous emmerdent ! ...
Ce matin, sur France Inter, entre dix
et onze heures, c’était la fête … Le sujet de l’émission :
les pesticides. Invités, un écolo pro-abeilles et un représentant
de le FNSEA. La fête ! … Je passe sur les rendements à l’hectare,
sur la rentabilité, sur la mort des « pov’ paysans »,
tout ça … Un truc, quand même : je connais un tas de
« paysans ».. C’est marrant mais ceux que je fréquente,
autour de chez moi et ailleurs, s’ils n’ont pas la vie facile, la
terre est, a été, sera et restera un dur métier mais … Ils
s’en sortent. Bon an, mal an. Ceux qui crèvent, ce sont ceux qui
ont « investi », avec l’aide du Crédit Agricole,
première banque mondiale, pour des exploitations gigantesques, du
matériel dernier cri et de la production industrielle. La même
problématique exactement que les traders … Je mise deux Euros. Si
j’en retire moins de dix, je décrète que c’est pas rentable. Le
problèmes, à ne surtout pas perdre de vue, c’est qu’il est
question de ce qu’on mange. Donc, à ma droite, la FNSEA qui, pour
vous « nourrir » est prête à tout, engrais, rendement,
antibiotiques, assèchement des nappes et des rivières, herbicides,
anti-fongiques, OGM et, donc, pesticides. En gros, ils bossent pour
Monsanto. Mais c’est pour vous, hein ! … Pour mettre dans votre
assiette des céréales pourries, de la viande pourrie, des légumes
pourris, des fruits pourris, pourris quand ils ne sont pas mortels,
mais de les mettre dans votre assiette. Faut nourrir le peuple. Le
peuple qui paye les subventions, qui paye la pollution, la
dépollution, les frais de santé induits, qui paye tout , cependant
que ces messieurs de « l’industrie » agricole ramassent
la mise. Et se plaignent. C’est pas assez rentable. Faut faire pire
encore pour se mettre au niveau des pires, pour des histoires de
« compétitivité ». Et là, l’animateur, il pose une
question : et les abeilles ? Et c’est là qu’on touche au
sublime. Le monsieur de la Fnsea rétorque, sans trembler, que c’est
pas prouvé que les produits répandus sur les champs soient
responsables de la mort des abeilles. Les néonicotinoïdes, c’est
pas prouvé, le Roundup et autres herbicides, c’est pas prouvé,
les pesticides en général, c’est pas prouvé et même le gaucho,
c’est pas prouvé . Alors c’est quoi, le problème des abeilles,
je demande au monsieur, comme si je passais à la radio. J’ai la
réponse. Si vous voulez mon avis, c’est juste que les apiculteurs
sont des « soixante-huitards », qui ont une vision
périmée du monde actuel et « moderne ». Si ça se
trouve, même, ces gens-là fument du tabac, ou pire, et c’est la
fumée qui tue les abeilles, quand c’est pas les vapeurs de tout
l’alcool qu’ils boivent. Ils accusent la chimie mais, la cause,
c’est eux. Des soixante-huitards. Pourquoi il nous parle encore des
soixantes-huitards, vous vous dites. Parce qu’il a entendu le
discours de Sarko, il répond. C’est Sarko qui s’y est collé
mais je pense que Valls pense exactement la même chose. Et que
Hollande n’en est pas loin. Sarko comme représentant de la
« caste » dirigeante, ça vous cause ? Le lien entre
Sarko et les abeilles et ben … il est très simple. C’est Jacob.
Chirstian Jacob. Président du groupe « LR » à
l’assemblée. Ce type est tout simplement l’ex ( ???? ) président
de la FNSEA de la Seine et Marne. Fnsea, donc, et, en plus, Seine et
Marne. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé promener votre
carcasse en Seine et Marne mais, dans l’affirmative, vous avez tout
de suite compris de quoi il est question. La Seine et Marne, c’est
champs à perte de vue. Colsa, Maïs, Blé, Orge, tout … Le tout
irrigué, évidemment, arrosé, pesticidé, engraissé, vaporisé par
avion, par hélico, de l’industrie, subventionnée à fond par
Bruxelles, l’Europe, quoi, vous savez, ce truc qui, soi-disant,
veut leur mort. Et les « paysans » ? Qué paysans ? Des
industriels. Du fric, de la berline allemande, de la résidence avec
piscine et .. de l’extrême droite. Ma grand-mère (1902-1982) qui
était à la fois d’origine alsacienne et communiste (on doit
pouvoir les compter sur les doigts d’une main) parlait de « casques
à pointe » quand on évoquait tout ce qui vit entre Melun et
Strasbourg. Des nostalgiques du bon vieux temps des Wisigoths puis de
Prussiens, puis des Allemands et, enfin, des nazis. Elle savait de
quoi elle parlait. Des exemples ? Coppé à Meaux, Peyrefitte (qui
fur chassé par mai 68) à Provins et, bouquet, l’Alsace, qui fut
la seule région restée à droite aux élections régionales qui
virent toutes les autres à gauche et où le concordat autorise
encore la présence d’un crucifix dans les écoles publiques. Une
autre preuve ? Je connais une jeune femme qui vit en Seine et Marne
et qui vient d’avoir un bébé. Elle désire l’élever cool, au
sein, à la demande et en le maternant jusque dans son lit, histoire
de dormir un peu la nuit et, surtout, de nous faire un adulte calme
et serein. Vous savez ce que lui disent les médecins ? Eh ben c’est
simple : vous avez des parents soixante-huitards, vous, non ? C’est
dépassé toutes ces conneries.
Ouais, les enfants cool, le lait
maternel, les abeilles, la bouffe saine, le code du travail,
l’écologie, tout ça, c’est dépassé. C’est soixante-huitard.
On n’en a rien à foutre. C’est rigolo de regarder sans rien
pouvoir faire des crétins qui scient la branche sur laquelle ils
sont assis. Vous savez ce que vous allez devenir, bande de couillons,
sans les abeilles et sans plus rien dans vos champs ? Rira bien qui
rira le dernier. En attendant, tas de sales cons, les
soixante-huitards, ils vous emmerdent.
lundi 6 juin 2016
C'est reparti comme en 36 ...
Nos chers socialistes fêtent, ou vont
fêter, avec moult agitation, les quatre vingts ans du Front
Populaire et, avant tout, mettent en valeur leur camarde Blum. Un
« socialiste » exemplaire, disent-ils, et dont ils se
réclament la main sur le cœur, tentant de nous vendre le fait qu’il
serait le héros qui nous aurait amené les congés payés, les
quarante heures et les salaires décents. Ils ont oublié un détail
ou deux. En premier lieu, j’ai envie de parler de son attitude face
aux fascistes espagnols. En refusant une intervention directe face à
Franco en Espagne, il se pourrait que Blum ait pris une décision
lourde pour l’avenir de l’Europe entière. Nombreux sont ceux, en
effet, qui pensent que cette intervention, à la suite du soulèvement
des brigades internationales, aurait pu empêcher l’avènement
d’Hitler ou, du moins, la retarder et, surtout, interdire ses
interventions en Espagne, à Guernica, par exemple. En second lieu,
je voudrais reparler des accords de Matignon de juillet 1936. Car il
faut savoir que, dès le gouvernement du Front Populaire élu, en mai
36, les ouvriers de France se sont tous mis en grève, provoquant la
fermeture des usines et la paralysie du pays. Ce n’est donc que
sous la pression du peuple que Blum s’est assis à la table des
négociations avec la CGT et a accepté toutes les mesures qu’on
lui a attribuées à tort. Il se trouve donc que, en 36 déjà, ce
sont des gens « de gauche » qui ont imposé à un
gouvernement « de gauche » tous les avantages sociaux qui
sont aujourd’hui remis en cause par un gouvernement qui se dit « de
gauche » avec sa « loi travail ». En ce sens, les
protestations actuelles de Mme El Khomeri et de Mr Valls sont
quasiment risibles. Si vous les lisez, vous aurez compris qu’ils
sont outrés du fait que des gens « de gauche » puissent
les contester, faire grève et, même, appeler à voter contre eux
une motion de censure. Ce sont les mêmes qui vont vous vanter les
conquêtes sociales de 1936. Vous avouerez qu’il y a comme un
paradoxe. Le texte ci-dessous, qui provient des archives de l’INA,
résume le déroulement des faits. Nos chers ministres devraient un
peu réviser leur histoire. Si, si, un peuple « de gauche »
peut contester un gouvernement « de gauche ». En 1936, il
a ainsi obtenu tous les avantages sociaux qu’aujourd’hui
Hollande, Valls et Macron tentent de détricoter. Il est donc normal
que les personnes les plus concernées protestent par tous les
moyens.
« Ce mouvement de grève
exerce une pression importante sur le nouveau gouvernement dirigé
par Léon Blum, obligé d'adopter très rapidement un large volet de
lois sociales afin de mettre un terme aux occupations d'usines et de
permettre la remise en route économique du pays. Dès le 5 juin
1936, à l'Hôtel Matignon (siège de la Présidence du Conseil),
Blum réunit ainsi les représentants du patronat (CGPF) et ceux du
monde ouvrier (CGT). Jouant un rôle d'abitre entre les deux parties,
le gouvernement permet l'adoption des "accords Matignon",
signés le 7 juin 1936, prévoyant une augmentation générale des
salaires, l'établissement de contrats collectifs de travail,
l'institution de délégués du personnel dans les établissements
employant plus de 10 salariés. Ces accords seront complétés par
deux autres lois votées par le Parlement : la loi sur les congés
payés et celle limitant la durée du travail à 40 heures par
semaine. En contrepartie des accords Matignon, la CGT s' engage à
faire cesser le mouvement de grève, ce qu'elle aura beaucoup de mal
à mettre en oeuvre, malgré l'insistance de ses cadres et du
dirigeant communiste Maurice Thorez ("il faut savoir finir une
grève") : ce n'est que pendant la première quinzaine de
juillet, soit plus d'un mois après les accords Matignon, que le
mouvement de grève cesse définitivement ». ( Source INA)
vendredi 3 juin 2016
Olé ! ...
Le petit torero qui nous sert de
premier ministre, qui, de ses origines même pas espagnoles n’a
retenu que le pire, les « corones », les poils et le
chiffon rouge, que, depuis longtemps, les humoristes nomment
« Monsieur Olé ! », qui a choisi, comme premier
déplacement après avoir été nommé premier ministre, de se rendre
dans une manade pour y marquer des taureaux de combat au fer rouge,
prélude à son attitude face aux salariés, ce monsieur, donc,
voudrait nous faire croire qu’il est un héritier de la République
espagnole de 1936. Mon cul ! … De l’Espagne, comme déjà dit, il
n’a retenu que le pire. Et ce fringant hidalgo, à mon sens, est
bien plus franquiste qu’autre chose. D’abord en raison de son
anticommunisme viscéral. Ce monsieur, dont la famille a consacré
son temps, durant la révolution espagnole de 1936, à sauver des
prêtres, ce monsieur voit rouge dès qu’on lui parle « des
rouges ». Et, compte tenu de ses racines plus rêvées que
réelles, en bon toréador, voyant la charge du taureau rouge qui
fonce toutes cornes dehors, il sort sa cape et son épée, aidé par
le banderillero Macron, le picador Gattaz et le matador Hollande. Ce
que je voudrais rappeler à toux ces tristes sires est très simple.
Le peuple ne se réjouit jamais autant du spectacle de la corrida que
lorsque le taureau gagne, qu’il embroche le torero, qu’il
renverse le cheval du picador et qu’il s’envoie au passage
quelques banderilleros. Son sort n’est pas bien meilleur que celui
de ses congénères. Il finira assassiné sauvagement, souvent
indignement et en boucherie. Au moment de fermer les yeux, je vous
parie que cette bête se dira, comme Nicholson dans « vol
au-dessus d’un nid de coucou » : au moins, j’ai essayé.
Le sommet de la dignité, la mort « debout ». Mr Valls,
moi, qui n’ai jamais eu une once de méchanceté, qualité qui m’a
toujours empêché d’aimer la corrida, moi, je vais vous le dire :
je souhaite que vous finissiez embroché. Parce que vous vous êtes
attaqué au monstre « rouge » qui, au niveau dignité,
aura toujours à vous en remontrer. Vous allez l’avoir dans le cul,
Manuel. Après, les « prolétaires » l’auront encore
une fois dans le baba, ils rentreront dans les usines, tête basse,
la bourgeoisie catholique dont vous êtes un membre éminent les
humiliera mais, au moins, Manuel, ils auront été dignes : au moins,
on aura essayé. Vous qui avez toute votre vie « pété dans la
soie », qu’aurez-vous tenté ? Rien d’autre que la
réalisation de vos rêves de puissance. Un problème avec maman,
Manuel ?... Ou bien de taille ? De taille de quoi, me direz-vous …
Je dirais de taille tout court, c’est le cas de le dire, ou de
taille de ce qui vous sert d’épée. Vous allez l’avoir dans le
baba, Manuel. Tout simplement parce que l’intelligence n’est pas
dans votre camp. Qui vivra verra …
jeudi 2 juin 2016
Communiste, libertaire et keynesien ...
Je vais créer un parti politique,
tiens. Je peux pas appeler ça « on marche » ou « on
court », j’aurais l’air con. Tout le monde sait que je
déteste le sport et, même, « l’activité », comme
disent nos Diafoirus modernes. Je peux pas appeler ça « Assis »
non plus. Personne ne sait rester assis, comme disait Pascal ( le
Grand Pascal, pas moi ..). Je vous parle pas de l’impact d’un
« Couchés ». J’aurais tout de suite les réacs de « la
famille pour tous » contre moi. Et ils sont nombreux, ces cons.
D’ailleurs, en général ( De Gaulle), le con est par essence
nombreux. En plus, quand on est couché, hein !.. Tout se suite,
c’est cochon. Vous savez à quoi pense le « peuple »
dès qu’il est couché. Des porcs ! … J’ai évidemment une
tendance « porc » affirmée et une certaine sympathie
pour le quadrupède omnivore. Mais ça se dit pas quand on veut
mobiliser le peuple. Bon, je pourrais tenter « debout ».
C’est déjà pris. Et puis, debout, c’est fatiguant, à la fin.
Il faudrait peut-être reprendre à zéro. Un parti pour quoi faire ?
Sur quelles idées ? Si je devais me définir, comme ça, d’emblée,
je dirais que je suis un communiste libertaire et keynésien. Vous
voyez bien qu’il y a de la place pour mon parti. Pourquoi Keynes ?
Troublant, non ? Pourtant, ce type, totalement polymorphe, a un côté
« gauchiste » absolument réjouissant. De toutes les
idées qu’il a eues, celle qui me plait le plus reste celle de « la
monnaie fondante ». Késako ? Simple. Si vous mettez de
l’argent de côté … Là, faut que je m’arrête … Quand
j’étais môme, les vieux disaient « mettre de l’argent à
gauche pour l’avoir à droite ». La sagesse populaire, on
appelle ça. On met de l’argent de côté pour « voir
venir », surtout quand on est à gauche, pauvre, quoi, mais le
fait de l’avoir vous rend immédiatement « de droite ».
Parenthèse fermée. Donc, Keynes propose que tout argent « dormant »
finisse par coûter s’il reste trop longtemps à l’abri. Adieu
épargne, adieu spéculation, adieu l’enrichissement en dormant,
adieu la bourse, adieu … Monnaie fondante, on dit. L’argent est
fait pour circuler et, s’il ne circule pas, adieu ! … Cette
mesure simple, au demeurant, n’a évidemment pas la faveur des
capitalistes. Mais elle n’a aucune chance d’être quelque jour
adoptée à cause et seulement à cause des « petits
épargnants » qui craignent de perdre les cinq cents Euros
qu’ils ont réussi à économiser. Je la mets quand même à mon
programme. Après, je suis communiste. Pas un sovietiste, encore
moins un stalinien. Je suis communiste au sens où je prône que tout
doit être un bien commun. Les banques, les routes, l’énergie,
l’eau, l’éducation, la nature, tout, quoi, excepté votre
maison, votre jardin, votre voiture, vos biens privés en général …
Sauf vos usines et vos petites entreprises. Là, normalement, le
monde ancien est par terre. Mais j’ajoute encore un point :
libertaire. Le point qui m’exonère de toute accusation de
stalinisme. Libertaire, ça veut dire : je fais ce que je veux de mon
corps. Je suis homo, hétéro, bien coiffé, propre, j’avorte, je
porte enfant pour autrui, je vis à poil, je conchie la religion, je
la respecte, je porte voile, je le refuse, je dépose mon argent à
la banque ou non, j’ai internet ou non, je fais ce qui me passe
par la tête, sur tous les sujets, mais seulement et uniquement si
je le veux. Et personne ne me dit quoi faire. Là, je vous ai emmené
sur Mars. Avec moi, c’est adieu, veaux, vaches, cochons, capital,
pognon, propriété, usines, capital, banques, adieu le superflu qui
nous pourrit la vie depuis de décennies. Les plus pessimistes
d’entre vous pensent qu’avec un tel programme, je vais faire zéro
pour cent aux élections. Moi, indécrottable optimiste, je pense que
je pourrais faire un score négatif. Moins zéro virgule sept pour
cents. Comment ? Parce que je pense que parmi les humains, certains
sont capables de déposer dans l’urne un bulletin qui sera, hélas,
compté comme nul et sur lequel ils auront pris le temps d’inscrire
: tout sauf Pratz ! … Vous souriez ? Vous avez tort. Parce que vous
ne savez pas tout de moi. J’ai été élu. Et, lors des élections
municipales de 2008, fin de mon second mandat, je me suis retiré des
affaires parce que mes amis Verts, vous savez, ceux qui ne pensent
qu’à avoir des postes où ils pourront tripoter des femmes en
toute impunité ou piquer dans la caisse, ceux-là, ont passé un
message à la majorité de gauche municipale. Un simple message :
tout sauf Pratz. Au vu de la politique qu’ils assument depuis, ils
avaient raison et, avec le recul, je les remercie de m’avoir
épargné ça.
Inscription à :
Articles (Atom)
